Les microplastiques s’invitent en eaux douces

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les microplastiques, invisibles mais bien présents

Problème déjà connu en milieu marin, des microparticules de plastique ont été détectés dans presque tous les points d’eau douce de Suisse. Pollution inopportune, mais peu menaçante selon l’OFEV.

Les microparticules de plastique ont une taille comprise entre 0.3 et 5mm. Leur présence dans les mers a déjà été largement étudiée. Celle des eaux douces intérieures était en revanche peu documentée. Pour combler ce manque, l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL) a analysé les eaux suisses sur mandat de l’OFEV. Les scientifiques ont échantillonné l’eau et le sable des plages de 6 lacs – dont le Léman et le lac de Neuchâtel – et du Rhône à la frontière française.

Après le déluge…
Une majorité des échantillons contenaient des microplastique: polyéthylène (PE), polypropylène (PP), constituants de filtres de cigarettes, matériaux d’isolation ou encore débris de films plastiques. S’élevant en moyenne à 0.1 mini-plastiques par mètre carré de surface aquatique, ils atteignent un millier par mètre carré de sable ! On observe une grande variabilité dans l’espace et le temps: les plus hauts niveaux sont consécutifs à un épisode orageux et montrent que les microparticules sont emportées avec les eaux de pluie! Aucune corrélation en revanche entre la densité de population dans le bassin versant et la quantité des polluants.

Menaçants, les mini-plastiques ?
Bien que la quantité de polluants soit négligeable face aux particules naturellement présentes dans l’eau, trois cadavres de poissons examinés sur quarante et huit oiseaux sur neuf ont présenté des plastiques dans leur appareil digestif. Mais il est trop tôt pour tirer des conclusions. On sait seulement qu’il n’y a pas de menace directe pour l’environnement et la qualité de l’eau. Les risques pour la santé humaine ont été jugés minimes étant donné que les plastiques sont filtrés lors du traitement de l’eau. En outre, le problème est moins prioritaire que les micropolluants à l’exemple des pesticides.

Petits, mais durs à cuire
Cependant, leur présence contrevient à la loi (interdiction de polluer les eaux) et vu leur lente dégradation, des mesures doivent être prises pour limiter la casse sur le long terme et pour trouver les principales sources de pollution. Des discussions entre industriels et représentants étatiques sont en cours pour remédier à la situation sur divers fronts: amélioration du recyclage des plastiques, lutte contre le littering, réduction ou amélioration qualitative des matières plastiques.

Cette réflexion s’inscrit dans un processus international poursuivant le même objectif de réduction du plastique dans l’eau, initié par la Convention pour la protection du milieu marin de l’Atlantique du Nord-Est (OSPAR) et de la Commission internationale pour la protection du Rhin (IKSR). L’étude menée par l’EPFL permet d’évaluer qu’une dizaine de kilos de microplastiques partent de la Suisse chaque jour pour déboucher en mer via le Rhône… et contribuent à la pollution des eaux marines !

 

Source: Confédération suisse

Photo: Alessandro Staehli – Invisibles dans l’apparente pureté des lacs suisses (ici, le lac de Neuchâtel), les microplastiques sont pourtant bien présents !

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