Les martinets ont eu chaud

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Martinet en soin à la Vaux-Lierre

Vivre sous les combles avec des chaleurs pareilles n’est pas chose facile pour les bébés martinets. C’est même parfois fatal. Petit tour sur la question et conseils pour leur venir en aide.

L’alerte a été initiée par la LPO. En France, les centres sont dépassés au point de lancer un appel à bénévoles. Et en Suisse? Sandy Bonzon nous éclaire sur la situation locale. Selon la cheffe d’équipe de la Vaux-Lierre, le centre de soins à Etoy vit une véritable explosion d’affluence !

 

Sandy Bonzon, les centres helvétiques sont-ils également submergés ?

Oui, les chiffres sont impressionnants. Cette année nous avons reçu 119 martinets noirs, dont 105 jeunes tombés du nid. Mais chaque jour, de nouveaux oisillons viennent grossir les rangs. Rien qu’en ce mois de juillet, nous avons déjà dépassé les moyennes annuelles précédentes – jusqu’à présent le record était détenu par l’année 2011 où nous en avions vu défiler 104. Malgré tout nous ne cherchons pas de nouveaux bénévoles. Les former nous prendrait un temps trop précieux.

 

Pourquoi les martinets souffrent plus de la chaleur que d’autres oiseaux ?

En plus des martinets, nous avons aussi beaucoup de jeunes rougequeues, merles, moineaux, hirondelles, milans ou buses. Mais il est vrai que les martinets noirs sont particulièrement vulnérables aux chaleurs estivales car ils nichent exclusivement sous les toitures. Dans des cavités naturelles, sous des tuiles ou de la pierre, dans des nichoirs artificiels… la situation se répète: un soleil qui tape et des températures qui grimpent jusqu’à 50 °C dans le nid ! Les jeunes essaient souvent de se rapprocher de la sortie pour capter un minimum d’air. Parfois trop et ils tombent. D’ailleurs, une fois au sol, les martinets ne peuvent plus décoller en raison de leurs pattes trop courtes. Ce sont des grimpeurs et des voltigeurs toute leur vie !

 

En les soignant, obtenez-vous des résultats encourageants ?

bébés martinets en soi à la Vaux-Lierre

Trois jeunes martinets trouvés à terre mais désormais entre de bonnes mains, au centre de soins la Vaux-Lierre.

Oui, nous avons de très bons résultats. Les nouveaux arrivés sont immédiatement nourris, principalement avec des vers de farine ou des grillons, ce qui leur permet de se réhydrater. Parfois les petits sont trop maigres. Leur organisme semble s’arrêter et n’accepte plus la nourriture qu’on lui donne. Pour ceux-ci il est déjà trop tard. En revanche, comme de nombreux oiseaux ne sont pas amenés au centre, nous ne pouvons pas comptabiliser toutes les pertes. Je pense qu’une bonne partie finit sous un pneu de voiture, croquée par un chat ou tuée sous le choc de la chute.

 

 

Avez-vous des conseils particuliers pour aider les oiseaux par temps de canicule ?

Si vous trouvez au sol un oiseau, mettez-le dans un carton. Une boîte à chaussures peut faire l’affaire. Vous pouvez tapisser le fond de papier ménage humidifié. Puis amenez-le dans le centre de soin le plus proche, au plus vite. Si ce n’est pas possible, posez-le dans un endroit frais en attendant. N’essayez pas de le nourrir. Vous pouvez lui offrir une petite goutte d’eau pour le désaltérer. Sans le forcer, il risquerait d’avaler par le « trou du dimanche ». Concernant les nids, on ne peut malheureusement pas faire grand chose. Même à l’ombre, la chaleur est là. On peut tout au plus humidifier la façade de la maison.

 

Images
photo à la une : martinet en soin à la Vaux Lierre © Sandy Bonzon
photo en médaillon : jeunes martinets © Sandy Bonzon

 

Les centres suisses spécialisés dans le soin des oiseaux

– Lucerne (Sempach) :  Station ornithologique de Sempach

– Vaud (Etoy) : La Vaux-Lierre

– Vaud (Le Vaud) : La Garenne

– Genève : Centre Ornithologique de Réadaptation

– La Chaux-de-Fonds : Le Bois du Petit Château

En France :

– Jura : Centre Athénas

 

 

 

 

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