Déjà le temps des nichoirs

Cette mésange charbonnière a adopté un nichoir richement décoré et caché parmi le lierre. / © Rèmy Courseaux / Biosphoto

Beaucoup d'oiseaux décident où nicher sans attendre la fin de l'hiver. Et tout abri est utile pour se protéger du froid. Deux bonnes raisons pour lancer dès l'hiver l'opération nichoirs.

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Temps de chien. Sortie du dimanche annulée. Et si vous profitiez de cette journée perdue pour anticiper un peu sur le printemps ? D'autant plus que le mauvais temps incite également les oiseaux à rester à l'abri. Or les cavités dans les arbres ou les vieux murs deviennent extrêmement rares. Pour de nombreux oiseaux dits cavernicoles, c'est la crise du logement. Ils ont absolument besoin de trouver une loge accueillante pour élever leurs jeunes.

Au printemps, les nichoirs représenteront une aide providentielle pour les rougegorges, les mésanges ou les sittelles, mais il rendront aussi service en hiver pour s'abriter du froid, tout particulièrement durant les nuits glaciales de janvier et février. Adaptez votre plan à l'espèce que vous rêvez d'accueillir. Car nichoirs semi-ouverts ou fermés, taille du trou d'envol, chaque oiseau a ses préférences.
Si vous avez un jardin, placez vos maisonnettes à une hauteur de deux à trois mètres et de préférence orientées vers l'est ou le sud-est. Comptez environ un nichoir pour deux arbres. Et à défaut de jardin, peut-être pourrez-vous convaincre vos voisins…

Matériel

  • Une planche de sapin ou d'épicéa massif de 2 cm d'épaisseur (évitez le contreplaqué pas résistant aux intempéries)
  • Une scie, un marteau ou une visseuse
  • Des clous ou des vis de 3,5 cm
  • Une perceuse pour faire le trou d'entrée

Montage !

Découpez la planche selon le plan dessiné en respectant bien les dimensions.

Assemblez ensuite chaque pièce comme indiqué, soit avec les clous que vous aurez trempés dans de la graisse pour éviter au bois de se fendre, soit avec les vis. Doublez le toit avec du carton goudronné.

Nichoir pour tous !

Un nichoir semi-ouvert conviendra très bien au rougequeue noir, à la bergeronnette grise ou au gobemouche gris. Dans ce cas, le trou d'envol représente environ la moitié de la paroi avant. Prévoir alors une planche avant de 9 cm de haut comme indiqué sur le schéma.

Pour les autres espèces, prévoir une paroi avant haute de 17 cm et donc complètement fermée à l'exception d'un trou d'envol dont le diamètre sélectionnera les hôtes :

  • 26-28 mm > Mésanges bleue ou nonnette
  • 30-32 mm > Mésange charbonnière, moineau
  • 32 mm > Sittelle torchepot, rougequeue à front blanc

Dans tous les cas, pensez à ce que votre toit soit amovible pour nettoyer et vider le nichoir chaque automne, ce qui limitera la propagation des maladies et des parasites.
Bien arrimé ! Faites encore deux trous d'environ 5 mm de diamètre à l'arrière pour l'aération. Vous les utiliserez aussi pour glisser un fil de fer ou plutôt un morceau de fil électrique qui arrimera solidement votre nichoir à son support.

Pot de fleur à rougegorges

Récupérez un vieux pot en terre cuite. Avec le côté fin d’un petit marteau, donnez de légers coups au bord du trou jusqu’à ce que la moitié du fond soit percée. Ne frappez pas trop fort, le pot se casserait.

Voilà, votre nichoir est déjà terminé, il sera idéal pour les rougegorges. N’hésitez pas à poser votre « pot-nichoir » directement au sol, contre un talus plein de hautes herbes, au pied de votre haie ou contre une clôture ou le mur d'une cabane.

Le temps des nichoirs

© Aleksandr / Fotolia

Attention chat grimpeur

Si vos nichoirs sont mal installés, ils peuvent être vite considérés comme de bons restaurants par les chats et les autres prédateurs des passereaux… Il faut donc que vous les placiez bien en hauteur, sans branche maîtresse juste à côté. Vous pouvez aussi les cacher contre un mur, au cœur d’une haie touffue ou sous le rebord du toit de votre cabane de jardin.

Trois hôtes de choix

Le temps des nichoirs

Mésange bleue / © Serge Nicolle

La mésange bleue Son nom le dit bien, ce petit oiseau hyperactif porte une superbe calotte bleu vif. Acrobate jamais rassasié, il effectue des jongleries perpétuelles suspendu la tête en bas à la plus fine des branches. Cette gymnastique lui permet de déloger les moindres insectes au bout des rameaux. Avec sa cousine charbonnière un peu plus grande, la mésange bleue est l'oiseau le plus fréquent dans les nichoirs.

La sittelle torchepot

Toute fine, de la pointe du bec à la queue raide, la sittelle bicolore porte dos gris ardoise et ventre chamoisé. C'est le seul oiseau capable de descendre les troncs d’arbre tête en bas ! Attention, caractérielle et dominatrice, la sittelle est capable de déloger même les vifs rougegorges et agiles mésanges. Maçonne, elle adapte précisément le trou d'envol à sa taille avec une espèce de mortier très dur.

Le temps des nichoirs

Rougequeue noir / © Serge Nicolle

Le rougequeue noir

C’est l'oiseau qui s'installera le plus facilement dans un nichoir semi-ouvert placé contre un bâtiment. Originaire des contrées rocheuses, le rougequeue noir s'est adapté à nos parois de crépi et à nos toits de tuiles. Il y chasse opilions et araignées. Perché au faîte du toit ou sur une antenne, le mâle chantera le retour du printemps à partir de la fin mars.

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Couverture de La Salamandre n°225

Cet article est extrait de La Salamandre
n° 225
Décembre 2014 - Janvier 2015
Article N° complet

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