L’émergence du scaphandre

Article extrait du dossier Moustique, ennemi public?
La larve grandit mais conserve cet aspect durant ses mues. / © Gilbert Hayoz

De la larve à la nymphe, la vie du moustique est aquatique. Puis l’adulte quitte son fourreau et délaisse ce milieu avec majesté.

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D’abord trois mues successives durant lesquelles la larve passe d’un à douze millimètres en une semaine. Puis, un jour plus tard, une petite virgule blanchâtre qui émerge de son étui. C’est la nymphe. Un peu moins mobile que la larve, elle a une partie antérieure du corps fortement renflée, munie de deux trompettes respiratoires. L’extrémité de son abdomen est aplatie.

Lors de la 4e mue, la larve se transforme en nymphe. / © Gilbert Hayoz

Deux palettes natatoires lui permettent de gagner le fond en cas d’alerte, grâce à des coups de queue énergiques et désordonnés. La nymphe remonte ensuite comme un bouchon pour respirer. Tout comme la larve, elle est suspendue au film superficiel de l’eau. De petites cornes, des mouvements saccadés, un vrai diablotin.

La nymphe, avec ses cornes respiratoires bien visibles. / © Gilbert Hayoz

La venue des ailes

La nymphe, quoique très active, ne se nourrit pas. Cette mobilité est une exception chez les insectes à métamorphose complète. Après deux ou trois jours de profondes transformations, la voilà qui se remplit d’air. Emprisonné sous sa peau, le mélange gazeux la fait brièvement briller comme un bijou. Puis elle s’étire, le scaphandre se fend dorsalement sous la pression et, très lentement, l’adulte s’extirpe de l’exuvie.

Peu avant l’émergence, le scaphandre devient cristallin. / © Gilbert Hayoz

L’insecte éclos reste un instant sur l’enveloppe vide. Instant périlleux. Il attend que ses ailes, encore recroquevillées, se gonflent d’air, prennent leur taille finale et durcissent. Peu après, c’est l’envol.

Après quatre stades larvaires et un stade nymphal, c’est l’émergence. Le moustique adulte s’extirpe de son fourreau. Une fois ses ailes durcies, il décolle. / © Gilbert Hayoz

Au menu, du moustique

Les larves et les nymphes constituent un repas apprécié par les tritons, les larves de libellules, les dytiques et bon nombre de poissons. Les aquariophiles le savent bien, eux qui les élèvent pour nourrir les habitants de leurs bassins. Les plantes carnivores aussi en sont friandes, comme l’aquatique utriculaire, via ses sacs immergés, ou le drosera, via ses poils gluants. Beaucoup d’oiseaux, les chauves-souris, les batraciens, les araignées capturent les adultes. L’homme, bien sûr, complète le tableau des chasseurs.

© Ambroise Héritier

Jurassic moustik

Les premiers moustiques sont apparus au jurassique, il y a 170 millions d’années. Le plus ancien fossile date du crétacé. Certains piqueurs préhistoriques étaient trois fois plus gros que les espèces actuelles. Merci à l’Evolution qui nous en a préservés !

Couverture de La Salamandre n°199

Cet article est extrait de La Salamandre
n° 199
Août - Septembre 2010
Article N° complet

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