Born to be a larve

Article extrait du dossier Libellules, les filles de l'air
Larve d'aeschiné, une libellule vraie. / © Bruno Guenard

La larve des odonates dispose d'un équipement de prédateur aquatique des plus sophistiqué. Indispensable pour s'imposer parmi les terreurs de la mare !

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Encore caché sous l'eau ou au creux d'une tige, l'œuf est prêt à éclore. Les yeux apparaissent au travers de l'enveloppe translucide. Chez les zygoptères, l'embryon avale le liquide amniotique, ce qui fragilise la membrane, provoque une entrée d'eau et cause finalement sa rupture. Les anisoptères, quant à eux, possèdent une petite crête coupante située sur le front ou sur le haut de la tête. Ce mini-couteau découpe l'enveloppe et libère une prolarve, qui se glisse hors de l'œuf.
Une prolarve qui s'extrait d'une tige tombe généralement dans l'étang, mais en fonction du niveau d'eau, il peut arriver qu'elle atterrisse sur la rive. Incapable de marcher, elle devra alors se contorsionner pour atteindre son but. Ce stade ne dure que quelques secondes à quelques heures. Elle se transforme alors en vraie larve munie de tous les atouts du prédateur aquatique : c'est sa première mue. Au cours de sa croissance, elle en subira de 8 à 18, 12 en moyenne. Plus elle grandira vite, plus elle changera souvent de peau !

Larve de caloptéryx, une demoiselle

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Les larves de caloptéryx, une demoiselle, possèdent trois lamelles caudales qui captent l'oxygène dissous dans l'eau. Si elle perd ces branchies, la larve peut toujours respirer par les orifices situés le long de son corps, mais seulement dans une eau riche en oxygène.
Les antennes des demoiselles sont beaucoup plus longues que celles des libellules vraies, surtout chez les caloptéryx. Les larves détectent la proie à la vue, au toucher ou à la perception de vibrations. De petits yeux et de longues antennes révèlent un chasseur tactile.

Larve d'aeschnidé, un anisoptère

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Absents des premiers stades larvaires, les stigmates reliés aux trachées permettront la respiration aérienne lors de la sortie de l'eau. Ils s'ouvrent quelques jours avant l'émergence.
Le diaphragme situé entre les segments 4 et 5 de l’abdomen permet l'extension du masque lorsqu'il se trouve contracté.
Les fourreaux alaires apparaissent après la cinquième mue.
Poilues chez les jeunes larves, les pattes des individus plus avancés deviennent glabres, comme chez cette aeschne. Les pattes sont toujours plus écartées et plus longues chez la larve que chez l'adulte.
De larges yeux indiquent une détection visuelle des proies.

Unique dans le monde animal, l'arme ultime de la larve prédatrice est son masque ou bras mentonnier. Cette pince articulée est munie de deux crochets préhensiles. Elle est propulsée grâce à la soudaine contraction du diaphragme. Cette particularité anatomique permet de rester caché pour saisir à distance des proies qui n'ont pas vu venir l'ennemi.

Couverture de La Salamandre n°210

Cet article est extrait de La Salamandre
n° 210
Juin - Juillet 2012
Article N° complet

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