La tête dans les étoiles

Une étoile filante particulièrement lumineuse traverse parfois la nuit. Ce morceau de fer ou de roche est appelé bolide. Sa masse peut atteindre plusieurs tonnes. / © Jacques Rime

La contemplation des étoiles filantes et fixes reste un plaisir d’été simple et vertigineux. La Salamandre vous donne quelques clés pour mieux voir et nommer.

Avatar de Mireille Pittet
- Mis à jour le
Article d'origine par

Sans le savoir, vous possédez sans doute chez vous les deux instruments astronomiques les plus simples : la chaise longue et la couverture. Durant les nuits du 11 au 13 août, placez-les le plus loin possible des lumières de la ville. Installez-vous confortablement, de préférence face au nord-est. Comme chaque année à la même époque, ces deux nuits s’embraseront sous une pluie d’étoiles filantes. N’oubliez pas une liste de vœux à réaliser, pour garder les yeux ouverts plus longtemps.

La queue de Swift-Tuttle

Les flèches brillantes lancées dans le ciel d’août semblent toutes s’échapper de la constellation de Persée, d’où leur nom de Perséides. Elles n’ont pourtant rien à voir avec les étoiles. Ce sont des fragments perdus par la comète Swift-Tuttle, un cœur de glace enveloppé de roche et de poussière qui tourne sur une ellipse autour du Soleil.

Chaque année, à la même période, notre planète rencontre la trajectoire des morceaux lâchés par la comète. Attirées par la Terre, ces poussières de quelques dixièmes de gramme pénètrent à vive allure dans l’atmosphère. En se frottant aux molécules d’air, elles se réchauffent et s’enflamment. A peine nées, elles s’éteignent déjà…

Livre d’histoires célestes

Les « vraies » étoiles s’allument chaque nuit sur nos têtes depuis des milliers d’années. Elles paraissent fixes les unes par rapport aux autres. Amas de poussières et d’hydrogène, elles se consument en dégageant chaleur et lumière. Comme le Soleil, l’étoile la plus proche de notre planète.

lune nuit

Lune / © Christian Parreira

A partir du IVe siècle avant notre ère, les Grecs ont fait de l’astronomie une science. Mais avant eux, au Moyen-Orient et en Asie, les hommes ont tracé des lignes imaginaires entre les étoiles, créant ainsi des dessins que nous appelons les constellations. Les Chaldéens, par exemple, connaissaient, en plus du Soleil et de la Lune, cinq planètes ainsi que les constellations visibles à l’œil nu. Quant à la première astronomie arabe, elle s’est développée à partir des traditions indienne, perse et mésopotamienne.

Reste que, des 88 constellations nommées à ce jour, une bonne moitié l’a été par les Grecs. Pour eux, les étoiles étaient fixées à une sphère céleste encerclant la Terre. Ils y voyaient les attributs des dieux et des héros. Lire les étoiles les renseignait sur la volonté divine dont dépendait leur destinée. L’astrologie est toujours à la mode.

Le beau jeu

Les étoiles d’une même constellation ne se situent pourtant pas sur le même plan. Elles sont parfois éloignées de plusieurs centaines d’années-lumière les unes des autres. Ainsi, les ensembles d’Orion, de la Grande Ours ou de Cassiopée ne sont qu’une vision de l’esprit.

Tant pis ! Les mythes perdurent. Repérer Pégase, imaginer un scorpion ou un lézard dans le ciel est un jeu passionnant auquel nous vous invitons. Essayons dès cette nuit de trouver le triangle d’été.

Nuit d'hiver en Valais / © Craspy

Le saviez-vous:

Faire des vœux en hiver

Les Perséides sont sans doute les plus connues. Mais d’autres étoiles filantes traversent le ciel durant l’année. Entre le 15 et le 20 novembre, les Léonides s’enflamment à raison d’une dizaine par heure. Beaucoup plus nombreuses, les Géminides jaillissent de la constellation des Gémeaux un mois plus tard. Les occasions de faire des vœux sont plus fréquentes qu’on ne le croit.

Météorites

Des débris rocheux plus gros que les étoiles filantes circulent entre les planètes. Certaines de ces météorites s’écrasent parfois sur la Terre. La première mention du phénomène date de 644 av. J.-C., en Chine. Mais ce n’est qu’en 1803, après qu’une pluie de météorites se fut abattue sur le village français de L’Aigle, dans l’Orne, que l’on étudia sérieusement ces mystérieuses pierres tombées du ciel.

Attention les yeux

Regarder le Soleil à l’œil nu ou avec une protection inadéquate est dangereux. Eviter d’observer l’astre à travers un verre passé à la bougie, des films photographiques, des filtres polarisants croisés, des CD ou de simples lunettes de soleil. Seules les lunettes équipées de filtres répondant aux normes de sécurité telles que Solar-scope, AstroSolar, Mylar, Viséclipse ou H-Alpha sont sûres.

Reconnaître les constellations au fil des saisons et explorer la voûte céleste avec le Miniguide n°59 : Le ciel étoilé.

Retrouvez tous les articles du dossier : Bonjour la nuit !

Couverture de La Salamandre n°187

Cet article est extrait de La Salamandre
n° 187
Août - Septembre 2008
Article N° complet

Articles sur le même sujet

Réagir