La musique du vent

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Rencontre sur le terrain avec Boris Jollivet, audionaturaliste. Armé de ses quatre micros, il cherche l’endroit parfait pour enregistrer le vent.

17 juin, une forte bise de nord-est s’engouffre dans le Grandvaux, terre jurassienne entre lacs et lapiaz. Objectif du jour : capter le son du vent. Cela semble simple, on n’entend que lui. Pourtant, Boris Jollivet scrute le paysage et lit à sa manière le cheminement des bourrasques et le paysage sonore. « Là-bas! », lance-t-il. Sa cible est un vallon à l’abri, ponctué de bosquets. Bizarre d’aller s’abriter du vent pour pouvoir l’enregistrer? En fait, l’idée est de s’affranchir du son général et monotone du vent dans la vallée pour aller chercher une musique beaucoup plus riche dans le feuillage. « C’est mieux si la vitesse du vent varie », précise-t-il alors. Il positionne son micro à quatre têtes poilues sous un petit tremble. Quelques branchements, il s’accroupit, puis se connecte au son primitif de la nature, comme « isolé » dans son casque. Les cris d’alarme des traquets motteux sont suffisamment loin et l’avion, pollueur sonore, est passé. C’est parti.

Qui de l’arbre ou du vent chante ?

Boris Jollivet a capté le son du Tichodrome et de l’univers incroyable du film l’Oiseau papillon. Il va contribuer prochainement à un dossier de La Salamandre sur la symphonie de la nature. Il réjouira nos sens également au prochain Festival Salamandre.

Site Web de Boris Jollivet

Image : Jean-Philippe Paul

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