La marque bleue

Suivez Julien Perrot sur la trace d'étranges signes bleus en virgule. Son édito dans le numéro 206 de La Salamandre vous en dira plus.

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Chaque automne, à la même période, je suis saisi par une maladie cyclique, un besoin irrépressible de monter, d'aller me poser quelque part dans la montagne. Entre les sorbiers cuivrés et les épilobes argentés. Près des bêtes sauvages et des sommets poudrés de blanc.
Alors j'y vais, en train, en car, à pied, impatient de retrouver de vieilles connaissances. Les cerfs, les chamois, les beccroisés, les cassenoix si bruyants au seuil de l'hiver.
Cette année aussi, cette année encore, je cherche. Des signes au sol, bleus, étranges, comme des virgules en pâte à modeler. Ils sont posés sur les cailloux et sur la terre du sentier déserté par les bergers. Qui les a peints ? Un lutin au pinceau trempé dans de la purée de Schtroumpfs ?
Bien sûr, je sais d'où proviennent ces marques. Absentes des alpages, elles sont indissociables du camaïeu de la lande, tapisserie de buissons verts, jaunes et rouges. Ce sont les crottes du petit coq de bruyère. Bleues comme les airelles et les myrtilles dont s'est goinfré le bel oiseau.
Ouf ! Une fois encore, j'ai pu répondre à l'appel de la marque bleue. Ouf ! Une fois encore, le petit coq lui aussi est passé par là.

Couverture de La Salamandre n°206

Cet article est extrait de La Salamandre
n° 206
Octobre - Novembre 2011
Article N° complet

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