La France braconne toujours les ortolans

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Le bruant ortolan est l’un des passereaux les plus menacés d’Europe. Pourtant, une chasse traditionnelle illégale continue d’en détruire des milliers chaque année dans le sud-ouest de la France.

Allain Bougrain Dubourg à la tête d’une délégation de la LPO, accompagnés de bénévoles européens du CABS (Committee Against Bird Slaughter) et du Président de l’Association de protection des animaux sauvages (ASPAS), doivent cet automne encore affronter les braconniers qui sévissent dans les Landes. Les « chasseurs » capturent, mutilent et tuent des milliers de bruants ortolans au mépris des directives européennes et de la loi française. L‘équipe de protecteurs est intervenue sur une vingtaine de communes et a libéré de nombreux oiseaux, faisant office d’appelants. La gendarmerie a dû sécuriser les militants pris à partie par les braconniers.Puis les Présidents de la LPO et de l’ASPAS se sont rendus à la gendarmerie de Mont-de-Marsan pour déposer plainte. Enfin, ils ont apporté symboliquement cinq bruants ortolans mutilés au Préfet des Landes, qui les a pris en charge.

En France, le bruant ortolan est particulièrement menacé : ses effectifs (désormais inférieurs à 15 000 couples) ont chuté de 42% sur les onze dernières années, avec un morcellement extrême des populations atlantiques au point de friser la disparition totale ! Rappelons que les oiseaux capturés dans les Landes sont originaires pour l’essentiel des pays scandinaves, de Finlande, des pays baltes, d’Allemagne et de Pologne, ainsi que la région atlantique française.

En Suisse, ce passereau est très menacé et localisé aujourd’hui au canton du Valais. Des mesures de conservation sont testées mais s’avèrent insuffisantes.

A l’échelle européenne, le constat est dramatique, la situation du bruant ortolan est jugé catastrophique, le plus souvent au seuil de l’extinction, avec une tendance globale européenne qui est de 84% en 30 ans ! Le bruant ortolan est l’espèce européenne qui décline le plus parmi les passereaux.

Tous les efforts de protection engagés dans le Nord de l’Europe, notamment à partir de fonds publics, sont anéantis chaque année dans le sud-ouest de la France, avec la complicité de l’État français. Près de 30.000 ortolans sont capturés chaque année et souvent vendus sous le manteau, jusqu’à 150 € après engraissement.

Alertée de cet état de fait en 2013, la Commission Européenne a mis la France en demeure de respecter dans les plus brefs délais ses obligations au regard de l’article 5 de la directive du 30 novembre 2009 sur la conservation des oiseaux. La France a répondu en assurant la Commission de sa bonne volonté. Force est de constater que, malgré les engagements pris et répétés, le braconnage se poursuit plus que jamais sur le terrain.

Source : LPO

Pour en savoir plus : Opération bruants ortolans tolérance zéro 2014

Image : Jean-Philippe Paul

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