La belle de Montpellier

Couleuvre de Montpellier femelle / © Jean Nicolas

Lézards et cailloux font bon ménage. Mais sur le plateau de l’Auverne, d’autres rencontres sont possibles.

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Les paysans ont abandonné les cabanes, les lézards en ont fait leur royaume. On ne tarde jamais à les rencontrer, vautrés sur les pierres noires chauffées à blanc, les yeux mi-clos et les pattes écartées touchant à peine la roche brûlante.

Repos et repas

Ici, point de lézard des murailles : celui-là préfère aux proies maigrelettes du plateau de l’Auverne les mouches bien grasses des villages de plaine. Le lézard hispanique joue moins les fines bouches. Efflanqué mais vif comme l’éclair, il est à l’affût des araignées et des moucherons qui s’aventurent sur la caillasse. Le lézard ocellé, superbe reptile vert à taches bleues, empiète parfois sur son territoire, mais il ne s’y attarde guère : les criquets et les gros coléoptères dont il raffole sont plus nombreux entre les herbes basses et odorantes de la garrigue.

La belle couleuvre de Montpellier - La Salamandre cornelius haan

Fasciné par les reptiles, Cornelius de Haan a quitté sa Hollande natale pour étudier dans l’Hérault son sujet de prédilection : la couleuvre de Montpellier. / © Aino Adriaens

Plus longue, plus forte

Dans ce paradis sauvage, les lézards n’ont guère à se méfier des hommes et de leurs chats, mais il leur faut craindre davantage un vieil ennemi : la couleuvre de Montpellier. A l’âge adulte, ce grand serpent chasse surtout des rongeurs, alors que ses jeunes capturent les lézards. Maigre consolation : la couleuvre de Montpellier domine les serpents concurrents. Puisqu’ici elle abonde, les vipères ont déserté les lieux.

Habitudes

La couleuvre rôde au pied des murs pour chasser. Elle utilise aussi leurs cavités et parois comme refuge à différentes heures de la journée. En hiver, elle s’installe plutôt dans les murs de soutènement des vignes : calés contre la terre, ceux-ci retiennent mieux la chaleur. Leur face verticale, exposée plein sud, est à l’abri des vents froids. Cornelius de Haan, spécialiste de la couleuvre de Montpellier, précise : « Au printemps, les trous de serpents sont parfois bouchés par des escargots qui s’y agglutinent. Le reptile est obligé d’attendre que la pluie vienne le libérer ! » Ce genre de mauvaise surprise n’arrive que rarement à la couleuvre de Montpellier, laquelle, par ses passages répétés, entretient ses repaires toute l’année.

Lézard hispanique / © Gilbert Hayoz

L’espagnol

Le lézard hispanique ressemble au lézard des murailles, mais en version moins lourde et plus aplatie. Il se cantonne dans les endroits sauvages.

La belle couleuvre de Montpellier - La Salamandre

Couleuvre de Montpellier femelle / © Jean Nicolas

L’africaine

D’origine africaine, la couleuvre de Montpellier a un dimorphisme sexuel très marqué : la femelle (photo) peut atteindre 1,4 m et le mâle 2,2 m. Pour mieux repérer ses proies ou un éventuel danger, elle est capable de se dresser comme un cobra. Cette couleuvre fait aussi preuve d’une vie sociale complexe et très originale pour un serpent.

Lézard ocellé, femelle adulte / © Christian Lavorel

L’ocellé

Impressionnant par sa taille (40 à 60 cm) et son poids (130 à 290 g), ce lézard adore les endroits caillouteux et dénudés. Lors de combats violents, les mâles, plus grands que les femelles, se mordent aux mâchoires et aux joues afin d’éliminer le rival. Ici, une femelle adulte.

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Retrouvez tous les articles du dossier : Des murs pour la vie.

Couverture de La Salamandre n°181

Cet article est extrait de La Salamandre
n° 181
Août - Septembre 2007
Article N° complet

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