Histoires d’O

Androsace velue (Androsace villosa) / © Gilbert Hayoz

Le sexe est né bien avant les plantes. Ce sont les bactéries qui l'ont inventé. Leur sexualité a favorisé l'émergence du monde végétal. Histoire croustillante d'une aventure qui a commencé dans l'eau.

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Où et comment le sexe est-il né? Dans l'eau, comme la vie. Il y a 3,8 milliards d'années, les premiers organismes formés d'une seule cellule ne subissaient pas les tracas des relations entre mâle et femelle. Le sexe et les sexes n'existaient tout simplement pas. On ne se reproduisait pas à deux, on se multipliait en solitaire. La cellule en produisait d'autres, identiques à elle-même, en divisant son corps en deux parties. Puis ces bactéries se mirent à vivre en colonies, ce qui semble avoir favorisé rapprochements et échanges.
La sexualité des bactéries – une sorte d'accolement buccal – permet un transfert de matériel génétique entre donneur et receveur. Qui aurait cru que ces êtres prétendument inférieurs ont inventé le baiser? Désormais, on ne se contente plus de se répliquer à l'identique. Chacun de ces attouchements crée un nouvel être original... et unique. Prodigieuse évolution! La sexualité favorise la diversité et permet l'émergence de nouveaux êtres plus ou moins bien armés face aux variations du milieu et aux aléas de la sélection naturelle. Ainsi, les mieux adaptés survivent et transmettent leur patrimoine tandis que les autres disparaissent.
Entre autres lignées, cette sexualité a favorisé l'émergence du monde végétal, dans un premier temps des algues qui ont peuplé l'océan des origines. Le grand défi a ensuite été de sortir de l'eau et surtout d'affranchir peu à peu sa reproduction de l'élément liquide. C'est l'histoire croustillante que voici...

Androsace velue (Androsace villosa) / © Gilbert Hayoz

A propos de l'image: la technique du clic-clac

« Si le flou d'un fond met en évidence le sujet net d'une photo en lui apportant son souffle de poésie, j'ai toujours regretté qu'en macrophotographie les limites optiques imposent un champ de netteté trop restreint. Souvent de moins d’un millimètre. En parcourant à la loupe le paysage immense d'un pétale de fleur, l'œil fait sa mise au point en permanence, rendant chaque détail net sur son passage. En photo, c’est impossible, on ne peut choisir qu'un seul point de netteté. Mais les avancées techniques repoussent ces frontières physiques. En avançant « tranche par tranche » jusqu'au bout de son sujet, millimètre par millimètre on peut couvrir la profondeur d'une fleur. Quinze, 40 ou 60 images sont alors nécessaires, ainsi qu'un logiciel spécialisé, du temps et de la patience. Dès lors, l'œil peut chercher le détail sur la photo comme sur le terrain, et se perdre dans ce nouveau monde où le réalisme gagne en qualité. Quant à la part de rêve, elle devient un choix du photographe, et non plus une contrainte imposée par son matériel. Pour ce dossier, jusqu'à 62 photographies pour une seule fleur ont été prises une à une entre deux caprices du vent ou du soleil. Avec cet objectif : vous permettre de vous perdre dans les détails de l'image. Mais que cela ne vous ôte pas l'envie de vous mettre à plat ventre dans l'herbe, loupe collée à l’œil, pour plonger dans l'univers fabuleux du minuscule. » Gilbert Hayoz

Couverture de La Salamandre n°214

Cet article est extrait de La Salamandre
n° 214
Février - Mars 2013
Article N° complet

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