Tout un hiver en grottes

Article extrait du dossier Moustique, ennemi public?
Au fil des jours, l’humidité des cavernes génère une multitude de gouttelettes qui s’accrochent aux femelles de Culex pipiens. / © Gilbert Hayoz

On ne va pas regretter les moustiques après six mois de présence envahissante. Mais où sont-ils passés avec l’arrivée des premiers froids ?

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Une vie de Culex pipiens dure quelques semaines pour le mâle, plusieurs mois pour les femelles les plus chanceuses. Et quand le thermomètre chute, que se passe-t-il ? Les femelles ont une chance de revoir les beaux jours, mais il leur faut trouver l’abri d’une grotte. Si elles échouent, elles mourront. Dans ce cas, seules des larves perpétueront la lignée.

Dans certains endroits, en zone tempérée, on trouve de véritables colonies de moustiques femelles prêtes à passer l’hiver au chaud, c’est-à-dire entre 10 et 12 degrés, température habituelle des grottes. Comme les ours, elles emmagasinent de la nourriture pour disposer de suffisamment d’énergie et tenir le coup jusqu’au printemps.

Après l’hibernation, les femelles fertilisées il y a des mois ont faim ! Il leur faut du sang pour pondre, qu’elles soient attirées par des humains ou d’autres animaux. De leur côté, les larves ont elles aussi plus d’un tour dans leur sac. Prises dans les eaux glacées, ou abritées dans des endroits plus tempérés comme des flaques de caves, elles entrent en diapause, une dormance figeant leur développement. Le cycle de vie reprendra à l’arrivée des beaux jours.

A cette période, on ne confondra pas les nuages de chironomes – de petits moucherons inoffensifs qui annoncent l’été – avec des moustiques. Contrairement à leurs proches cousins, ceux-ci forment très rarement de véritables escouades.

© Ambroise Héritier

Dracula à Londres

Une forme de Culex pipiens, molestus, s’est développée lors de la construction du métro londonien, il y a un siècle. Devenu cavernicole, ce moustique a modifié son régime alimentaire – le sang des oiseaux – pour s’attaquer aux rats et aux hommes. Il a ainsi beaucoup apprécié la population qui se terrait dans le « Tube » durant la 2nde Guerre mondiale. Aux dernières nouvelles, molestus sévit toujours.

Couverture de La Salamandre n°199

Cet article est extrait de La Salamandre
n° 199
Août - Septembre 2010
Article N° complet

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