Une forêt tout près d’ici ?

Julien Perrot revient sur les leçons qu'on peut tirer du film "Il était une forêt" de Luc Jacquet.

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Peu avant Noël, j'ai été touché au cœur par « Il était une forêt », le dernier film de Luc Jacquet. Mis en scène dans la jungle qu'il étudie et dessine depuis cinquante ans, le botaniste Francis Hallé est un magicien qui nous montre des choses invisibles. Grâce à lui, on voit les arbres naître et grandir, leurs branches danser avec le soleil, leurs troncs s'élever… Etape après étape, on parcourt les sept siècles nécessaires à la construction d'une cathédrale de troncs et de feuilles en parfait équilibre. Un raccourci prodigieux !
Hélas, durant le demi-siècle qu'il leur a consacré, Francis Hallé a vu disparaître une grande partie des forêts tropicales. Manifestement, l'homme moderne a oublié qu'il y a « dans leurs racines le berceau de notre sagesse perdue ».
Alors qu'on fait la morale aux pays du Sud, qui se souvient que des forêts vierges recouvraient une grande partie de l'Europe voici à peine quelques siècles ? Des forêts un peu moins humides et colorées… mais tout aussi bruissantes de vie et équilibrées. De ce grand originel, il ne reste rien, ou presque. A peine quelques lambeaux en Europe de l'Est. Tout ce qui verdoie autour de nous est de la forêt parfois très belle mais plantée ou jardinée.
Luc Jacquet et Francis Hallé nous rappellent que la forêt n'a pas besoin de l'homme pour exister. Engageons-nous contre sa destruction sous les tropiques, mais recréons aussi d'urgence près de chez nous des sanctuaires où les arbres pourront faire leur œuvre au rythme des siècles.

Couverture de La Salamandre n°220

Cet article est extrait de La Salamandre
n° 220
Février - Mars 2014
Article N° complet

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