Falaises disputées

Les grimpeurs non renseignés peuvent constituer une menace pour le faucon pèlerin qu'ils dérangent en falaise. / © Benoît Renevey

Le faucon pèlerin occupe quelque 80% des falaises en Romandie, qu'il doit parfois partager avec les grimpeurs. Eclairage sur le sujet avant la belle saison avec Gabriel Banderet, qui étudie l'espèce depuis 50 ans en collaboration avec la Station ornithologique suisse.

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Gabriel Banderet

Gabriel Banderet

Pourquoi les grimpeurs représentent-ils une menace pour ces rapaces diurnes ?

Le faucon pèlerin niche dès fin février dans une vire ou un trou situé dans une paroi rocheuse. En cette même période, de nombreux sportifs pratiquent l'escalade. Le relief jurassien, plus rapidement accessible en fin d'hiver que les Alpes, attire très tôt les grimpeurs.

Quel est le fond du problème ?

La présence de l'homme proche des sites de nidification provoque l'éloignement des pèlerins adultes. Les jeunes se retrouvent seuls dans l'aire et risquent de mourir de froid ou de faim. Les dérangements ont augmenté ces 30 dernières années. Le nombre de grimpeurs s'est accru et les techniques d'escalade modernes permettent de grimper partout.

Comment les cantons gèrent-ils ce conflit ?

Neuchâtel, suivant l'exemple du Jura, a réalisé un inventaire de ses parois sensibles. Les sites de nidification potentiels fréquentés par les grimpeurs sont surveillés. Si un couple nicheur est localisé, toute activité d'escalade est interdite à cet endroit. Cette bonne résolution facilite la reproduction du pèlerin, comme celle d'autres espèces sensibles telles que le tichodrome échelette.

Quel est votre engagement au quotidien ?

Nous nous battons depuis des décennies pour la sauvegarde de l'espèce. Et la passion ne faiblit pas ! Dans l'attente d'une harmonisation des dispositions cantonales, nous favorisons par exemple la reproduction de l'espèce par la pose de nichoirs. Enfin, nous incitons au dialogue en sensibilisant les varappeurs à la problématique. De nombreux grimpeurs sont d'ailleurs impliqués dans certains projets de protection.

Plus d'infos

Station ornithologique suisse, +41 (0)41 462 97 00

Couverture de La Salamandre n°208

Cet article est extrait de La Salamandre
n° 208
Février - Mars 2012
Article N° complet

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