Ep.6 – Le pari fou du méloé

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Bonjour, aujourd’hui, rendez-vous dans une petite clairière. On va voir s’il y a des bestioles qui commencent à s’agiter. Tiens des violettes… toutes blanches. Et puis là, une curieuse bête bleue qui se traîne par terre. Avec ses ailes insignifiantes, elle est incapable de voler. Ce coléoptère au ventre énorme porte le joli nom de méloé.

Attention! Sa couleur bleu irisée n’est pas anodine. C’est un avertissement. Au moindre danger, comme d’autres coléoptères, le méloé est capable d’exsuder par ses articulations un liquide toxique. Le cocktail du méloé est extrêmement puissant. 4 mg seulement suffiraient pour tuer un homme. Les romains l’auraient utilisé comme aphoridisaque. Bon, on va peut-être pas essayer aujourd’hui. Son nom populaire d’enfle boeufs me paraît de mauvaise augure.

A propos d’aphrodisiaque, quand deux méloés se séduisent, l’affaire se conclut cul à cul et Madame peut traîner Monsieur un certain temps et sur plusieurs mètres.

Quelques semaines plus tard, la femelle pond des milliers et des milliers d’oeufs sous terre. Les larves qui naîtront quelques semaines plus tard vont grimper sur des fleurs, souvent des pissenlits ou des marguerites. Leur mission? S’accrocher coûte que coûte aux poils d’une butineuse si possible d’une sorte bien précise: une abeille antophore.
Au moment où cette abeille pondra un oeuf dans son nid, la larve du méloé se glissera dans la cellule pour dévorer successivement l’oeuf de son hôte, puis ses réserves de pollen. Au printemps suivant, au lieu d’une abeille, c’est un méloé tout beau qui sortira de son trou.

Tout s’explique. Avec un mode de reproduction aussi incertain, il faut produire des milliers et des milliers d’oeufs pour avoir une chance de perpétuer son espèce. Voilà élucidé le mystère du gros ventre du méloé.

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