Ep. 4 – Le pic épeiche, oiseau mitrailleur

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Bonjour. Bon, aujourd’hui, qu’est ce qu’on va pouvoir faire? Hé, écoutez. Rafale de mitraillette? Je dirais plutôt tambour printanier. C’est le pic épeiche qui fait résonner la forêt. Pic parce qu’il pique-pique-pique-pique-pique contre le tronc. Vous pensez que c’est pour manger. Erreur. Quand le pic tambourine ainsi, c’est pour chanter, pour dire que ce bout de forêt-là, il est à lui.

Mais tous ces coups, ça doit lui donner la migraine. Heureusement pour lui, le pic épeiche a le cerveau monté sur des ressorts qui amortissent ces chocs extrêmement violents. Pour se tenir à la verticale sur les troncs, il a d’autres particularités uniques: des pattes spéciales avec deux doigts devant, deux doigts derrière. Et une queue aux plumes super rigides qui lui sert de point d’appui. Son bec puissant est un ciseau a bois incassable. Car le pic ne se contente pas de tambouriner, il fait aussi gicler l’écorce pour attraper des larves grassouillettes.

Quand l’hiver est rigoureux, l’épeiche se nourrit surtout de graines de pins et d’épicéas ; il peut alors en avaler jusqu’à 10’000 en un seul jour. Au printemps, son menu se diversifie. Pour nourrir ses jeunes, il ramène plein d’insectes qui vivent dans le bois, mais aussi des chenilles, parfois des oeufs, de jeunes oiseaux ou à l’occasion une mésange adulte.

Parfois, l’épeiche vient se servir au jardin. C’est le seul pic qui sait s’installer un atelier au creux d’une écorce. C’est sa forge où il vient volontiers décortiquer des noix, des noisettes ou de gros insectes cuirasses. Attention, attention…

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