En hiver, comment éviter de déranger la faune sauvage?

Balade en raquette au site de Chute-aux-Galets au Canada / © Jean Tanguay

Fréquenter la montagne en hiver peut sérieusement perturber les animaux qui y vivent. Quelques précautions simples vous permettront de profiter du grand air raquettes et skis aux pieds, avec l’esprit tranquille.

Avatar de Nathalie Jollien
- Mis à jour le
Publié par

Avec son manteau de neige et ses basses températures, l’hiver met la faune alpine à rude épreuve. La nourriture se fait rare et est souvent pauvre en calories. De plus, les courtes journées offrent peu de temps pour s'alimenter, et les déplacements dans l'épais manteau neigeux sont pénibles. Pour survivre à cette période difficile, les animaux sauvages doivent donc absolument économiser leur énergie.

Chez certaines espèces de montagne, la période hivernale est aussi celle de la reproduction et des naissances. C'est le cas du chamois (rut en novembre/décembre), du bouquetin (rut en décembre/janvier), et du tétras lyre (parade en avril/mai), indique Montagne Magazine. Ces espèces sont donc particulièrement vigilantes et sensibles au dérangement.

Une quelconque perturbation peut, en effet, effrayer les animaux sauvages. Leur fuite occasionne une dépense d’énergie considérable. Par exemple, la course du chamois dans une pente enneigée avec 50 cm de poudreuse demande 60 fois plus d'énergie que la marche normale sur terrain plat. D’après le site Respecter c’est protéger, le stress, conjugué à une mauvaise constitution physique, peut abaisser le taux de reproduction, provoquer des maladies et même entraîner la mort par épuisement.

Chamois bravant la neige / © Vincent Munier

Par ailleurs, pour certains animaux, la stratégie hivernale consiste à rester cachés pour échapper aux prédateurs. L’immobilité leur permet de réduire leur dépense en énergie. Parmi les animaux utilisant cette stratégie, on peut citer le lièvre variable, le tétras lyre et le lagopède. Pour eux, un dérangement est particulièrement nuisible: la sortie de leur cachette augmente le risque de prédation et les oblige à retrouver ou se refaire un abri.

Être prévisible

En cas de dérangements répétés régulièrement au même endroit, comme c'est le cas le long des itinéraires balisés, les animaux peuvent s’habituer à la présence humaine et finir par la tolérer.

Mais la réaction inverse existe aussi. Si à chaque nouvelle incommodation, les animaux sont davantage stressés et fuient de plus en plus loin, on dit qu’ils sont sensibilisés. Ce phénomène s’observe en particulier en cas de perturbation imprévisible, venant d’en haut, par exemple par des skieurs ou parapentistes. Le problème est que ces réactions violentes passent souvent inaperçues car les animaux effrayés se tapissent ou fuient longtemps avant d’être vraiment vus.

Sortie en raquettes dans la commune de Serre en France / © Office de tourisme de Serre, Chevalier

À force d’être importunés, les animaux ne se sentent plus en sécurité et abandonnent leurs lieux de retraite, de nourriture, de parade ou de nidification. Il peut en découler une sévère chute du taux de reproduction.

Règles à adopter

Pour les promeneurs du dimanche, l'idée est simplement de ne pas ajouter un dérangement supplémentaire aux difficultés déjà rencontrées naturellement par la faune. La Salamandre vous propose quelques conseils pour réduire votre impact au minimum, afin de maintenir une cohabitation harmonieuse et respectueuse avec les habitants des cimes.

Lagopède alpin, femelle, (Lagopus mutus) dans les Alpes Valaisannes, Suisse. En mue d'hivers, dans la neige / © Olivier Born

Choix de la randonnée :

1. Avant la course, renseignez-vous sur les emplacements des zones de tranquillité et sites de protection de la faune. Assurez-vous de connaître les règlements en vigueur et essayez de vous mettre à la place des animaux. Vous n’avez le droit de sillonner ces zones que sur les chemins autorisés.

2. Privilégiez les secteurs ouverts aux zones boisées et aux lisières. Évitez également les surfaces non enneigées, des zones particulièrement courues par la faune sauvage.

3. En forêt, restez sur les itinéraires et les sentiers balisés pour favoriser l’habituation à la présence de l’homme.

4. Évitez de vous déplacer à l’aube et au crépuscule, car ce sont les heures où les animaux cherchent leur nourriture.

Durant la randonnée:

1. Observez avec attention le paysage qui vous entoure: peut-on y déceler des traces et indices? Si vous repérez des animaux, si possible, évite-les. Dans le cas contraire, observez-les à une distance suffisante et laissez-leur le temps de s’éloigner tranquillement. Soyez flexible et, si nécessaire, modifiez votre itinéraire.

2. Soyez visibles et audibles à distance.

3. Tenez votre chien en laisse.

Couverture les gardiens de l'Alpe Olivier Born

Les gardiens de l'Alpe / © Olivier Born

Dans le livre Les gardiens de l’Alpe, retrouvez le destin fascinant et parfois tragique de trois oiseaux montagnards, le petit coq de bruyère, la perdrix bartavelle et le lagopède alpin, à travers les images du photographe animalier Olivier Born.

Articles sur le même sujet

Réagir