Dix règles d’or de l’observation nocturne

Sangliers / © Jean Chevalier

Dans le meilleur des cas, la lune ne nous offre que 7 % de lumière par rapport à celle du jour. Alors, comment apprivoiser la nuit et y observer les animaux ?

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1 - Repérage

Avant d’envisager un affût, se promener en fin de journée le long de routes ou de chemins peu fréquentés. Souvent, on y croise un animal en maraude. N’hésitez pas à vous arrêter pour chercher avec vos jumelles. Regardez en arrière, écoutez. Gardez un œil au sol pour les traces ou les crottes. Notez vos découvertes dans un carnet ou sur une carte.

2 - Affût

Se poster quelque part pour guetter un animal est une perspective exaltante. Mais où se mettre ? Tant que l’on n’a rien vu, on croit toujours avoir choisi la mauvaise place. Pour observer des mammifères, le plus important est d’être à bon vent. Le soir, par temps calme, l’air descend généralement les pentes : mieux vaut se placer au bas d’une clairière ou en aval d’un vallon.

Choisir un endroit pas trop inconfortable pour pouvoir patienter sans bouger. S’adosser à un arbre ou à un talus pour masquer sa silhouette. Mettre des vêtements chauds et silencieux. Enfin, s’armer de patience et ne pas hésiter à recommencer quand une première soirée n’a rien donné…

oreille attentive dessin observation nuit

Gardez l'oreille attentive! / © Jean Chevalier

3 - Oreilles ouvertes

Notre capacité auditive est faible comparée à celle de beaucoup d’animaux. Pour l’améliorer sensiblement, il suffit de mettre les deux mains en pavillon derrière les oreilles. Pour les sons de fréquence moyenne, chants d’engoulevent ou de grenouille par exemple, c’est très efficace.
Focaliser ainsi notre attention nous entraînera à écouter… et à faire silence en cas de promenade à plusieurs. Plus efficaces encore, mais plus coûteux et encombrants, sont la parabole et le microphone.

Chouette / © Jean Chevalier

4 - Cris de souris

Pour attirer les carnivores ou les rapaces nocturnes, imiter le cri de la souris, avec la voix ou en frottant un bouchon dans un goulot de bouteille en verre. Ça ne marche pas à tous les coups, parce que souvent l’animal n’est pas en quête d’une proie ou a détecté votre odeur. Les jeunes, inexpérimentés, se laissent mieux berner et reviennent même après avoir décelé votre présence.

dessin nuit Araignée

Araignée / © Jean Chevalier

5 - Lampe de poche

Ajuster la lampe de poche au-dessus ou au-dessous des jumelles permet d’observer à distance dans un rond de lumière. On peut ainsi détecter à plus de 30 mètres des bêtes minuscules : araignées, crapauds ou mulots, dont la rétine réfléchit le moindre rayon lumineux. Sans jumelles, vous trouverez à l’aide de la lampe les animaux plus gros, carnivores ou ongulés. Curieusement, les yeux des rapaces nocturnes brillent assez peu.

dessin nuit Chauves-souris vol

Chauves-souris / © Jean Chevalier

6 - Flashs et ultrasons

La nuit résonne des cris et cliquetis des chauves-souris. Hélas, à quelques exceptions près, nous ne pouvons pas entendre ces ultrasons. En revanche, il existe des appareils portables − les Batbox − qui traduisent en fréquences audibles les appels de la noctule, du murin ou de l’oreillard. A chaque chauve-souris son rythme d’émission et sa fréquence. Avec un peu d’habitude et l’aide d’un CD, on peut reconnaître certaines espèces.

Un appareil photo numérique simple peut être utile quand les chauves-souris volent bas et repassent au même endroit. Quelques coups de flash puis, en zoomant dans les images ainsi obtenues, on pourra admirer et parfois reconnaître ces extraordinaires mammifères volants (voir une mise en pratique).

Conseils: pour se procurer une Batbox. Les détecteurs Magenta Bat 4 ou 5 sont d’un bon rapport qualité-prix.

dessin nuit Sauterelle

Sauterelle / © Jean Chevalier

7 - Eté généreux

Après le printemps des oiseaux, l’été est la saison des insectes. Les criquets sont plutôt diurnes, mais les sauterelles aux longues antennes s’activent essentiellement de nuit. Leur chant révèle leur identité et nous aide à les repérer dans les broussailles. Une Batbox, quoique destinée à l’écoute des chauves-souris, peut permettre de détecter celles dont la stridulation est trop aiguë pour nos oreilles.

Un renard dans la nuit / © Jean Chevalier

8 - Lune précieuse

La lune est une alliée. En juin ou en juillet, elle demeure basse et peu lumineuse. Dès septembre, sa clarté augmente et permet de bonnes observations dans les espaces dégagés, même à travers des jumelles. En montagne ou en hiver, les plaques de neige renforcent considérablement cette luminosité. On y voit presque comme en plein jour.

Crapaud et escargot dessin nuit

Crapaud et escargot / © Jean Chevalier

9 - Pluie joyeuse

Un orage ? La soirée n’est pas perdue. En forêt, le long des haies, près des marais et des étangs, crapauds, grenouilles et salamandres sortent à la recherche de lombrics ou de limaces. Mais attention : si vous prenez un véhicule, vous risquez d’écraser certaines de ces bêtes en vous rendant sur place. Le comble ! Sur le bitume, un triton en maraude est presque invisible. Mieux vaut y aller à pied, ou partir avant la nuit. Les douces soirées d’automne sont également très favorables.

dessin nuit Papillons de nuit sous un réverbère

Papillons de nuit sous un réverbère / © Jean Chevalier

10 - Passion papillons

Poilus comme des mammifères, finement ornés, tachés de couleurs vives ou métalliques, les papillons de nuit sont d’une diversité étonnante. Alors, les chercher autour des lampes extérieures ou sous les réverbères. Quand l’intérêt devient passion, on s’équipe d’une lampe à UV et d’un drap blanc. Et l’on y passe ses nuits...

Vivez une nuit d'observation avec des passionnés avec notre article.

Retrouvez tous les articles du dossier : Bonjour la nuit !

Couverture de La Salamandre n°187

Cet article est extrait de La Salamandre
n° 187
Août - Septembre 2008
Article N° complet

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