Des minus carnivores

Pleurozia purpurea, une mousse carnivore / © Sebastian Hess

Peut-être les plus étonnants carnivores ne sont-ils pas les plus grands... Mais des mousses et des champignons redoutables.

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C’est sous des climats chauds et humides que l’on trouve les pièges carnivores les plus imposants. Les népenthès, les sarracénies, les darlingtonias ont transformé leurs feuilles en cornets spectaculaires remplis d’un liquide tueur. Le piège coloré, odorant et nectarifère enivre les insectes en se faisant passer pour une fleur plantureuse… mais il est diaboliquement glissant. Et plouf !
A l’autre extrême, du côté des plus petites, il y a du neuf. Vous pensiez que le sport de la capture était une exclusivité des plantes à fleurs dites supérieures ? Erreur ! Une équipe de botanistes allemands a découvert en l’an 2000 des pièges microscopiques chez une mousse tropicale. Quand on vit suspendu sur des arbres sans terre nourricière, on ne va pas rechigner devant un petit bonus protéiné.
Les feuilles de Colura ont des séries de sacs qu’on prenait pour de simples réservoirs à eau. Ces outres diffusent des substances qui attirent des ciliés et d’autres micro-organismes. Ceux-ci rentrent dans le piège en poussant une sorte de clapet… qui se referme en les emprisonnant. Les malheureux meurent en explosant avant d’être prédigérés par des bactéries. Cinq ans plus tard, des expériences montrent que la mousse Pleurozia purpurea se nourrit exactement de la même manière. Présente dans les tourbières de Grande-Bretagne, cette étonnante carnivore attire, capture et digère en toute impunité un large spectre de protozoaires.
Un dernier exemple encore plus minuscule, même si ce ne sont plus tout à fait des plantes ? Des champignons filamenteux répandus dans la litière déploient toutes sortes de pièges, filets collants ou lassos contractiles avec lesquels ils attrapent par exemple des nématodes. Tout cela, invisible sous nos pieds.

Un malheureux nématode attrapé et bientôt digéré par le redoutable champignon Arthrobotrys conoides agrandi 560 fois. / © Photo researchers / Bios
Couverture de La Salamandre n°228

Cet article est extrait de La Salamandre
n° 228
Juin - Juillet 2015
Article N° complet

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