Des maisons pour les abeilles

Grand complexe d'hôtels à insectes. / © Rèmy Courseaux / Biosphoto

La crise du logement frappe durement la plupart des abeilles solitaires. Comment les aider au jardin… ou sur son balcon.

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Contrairement à l'abeille domestique ou aux bourdons, la plupart des abeilles sauvages sont des insectes solitaires. Mais toutes nourrissent leurs larves avec du pollen. Au passage, il arrive à ces insectes utiles de laisser tomber quelques poussières jaunes sur le pistil des fleurs… qui se retrouvent ainsi fécondées. Ainsi, lorsque vous dégusterez vos fraises, vos pommes, vos courgettes ou vos citrouilles, pensez à tous ces discrets butineurs qui ont travaillé pour vous. S’il n’y avait que les abeilles domestiques, votre récolte serait beaucoup plus faible et certains fruits et légumes manqueraient totalement à l'appel.
Malheureusement, la campagne tout comme les zones résidentielles n'offrent plus assez de nourriture ni de refuges pour ces insectes alliés. La crise du logement frappe durement: les murs sont enduits de crépi, les haies variées manquent, les prairies fleuries se raréfient… Et les abeilles ne trouvant plus où faire leur nid, les pauvres disparaissent peu à peu.
Si vous voulez aider ces insectes, veillez tout d'abord à ce que votre jardin offre un maximum de fleurs durant toute la belle saison. Et puis, complétez cette offre alimentaire aussi variée que possible par une série d'aménagements tout simples : des nichoirs en bûches ou en pots de fleurs, quelques tas de pierres au soleil, une bande de sable ou tout simplement un coin d'herbes folles. Et si l'envie vous prend de réaliser un beau bricolage en famille, faites un hôtel à insectes complet comme sur la photo ci-dessus.

Fagots pleins, fagots creux

Des creux, au jardin, il y en a plein… dans les plantes ! Ce peut être un espace sous une écorce ou encore l’intérieur de tiges creuses ou emplies de moelle tendre. Encore faut-il rendre ces logements potentiels accessibles aux abeilles.

Des tronçons de 10 cm de tiges à moelle (comme la ronce, le sureau, le framboisier…) liées par du raphia en petits fagots leur permettront de creuser leur galerie dans la moelle des rameaux. A accrocher verticalement ou horizontalement sous le rebord d’une fenêtre par exemple… toujours au soleil. Des tronçons de tiges creuses (comme des tiges de roseau ou de bambou) attireront d’autres espèces d’abeilles solitaires.

Pots de fleurs à bourdons

Placez un peu de paille à l’intérieur d’un pot de fleur et enterrez-le à l’envers, en gardant le trou d’évacuation d’eau juste à la surface du sol. Installez sur quatre petites pierres une planchette qui empêchera la pluie d’inonder le nichoir. Recouvrez la planche de branchettes ou de feuilles mortes pour dissimuler la maisonnette. Le tour est joué, les bourdons seront ravis.

Bûche à abeilles

Matériel

  • Une bûche de 30 cm de long et de 10 cm de diamètre environ
  • Une hachette
  • Une perceuse avec des mèches de diamètre allant de 1 mm à 1 cm

Commencez par bien écorcer la bûche

Puis fendez-la en deux dans le sens de la hauteur avec la hachette.

Calez bien chaque demi-bûche pour pouvoir y faire des trous de différents diamètres sans transpercer la pièce de bois de part en part.

Puis installez votre nichoir à la verticale au soleil et surveillez-le. Chaque cavité bouchée de terre vous indiquera qu’une abeille y a fait son nid.

Et mon balcon ?

Vous n'avez pas de jardin ? Vous pouvez aussi aider les abeilles sur votre balcon. Même un simple rebord de fenêtre peut suffire. Dans une grande jardinière, vous avez en effet la place d’offrir le gîte (bûche percée, fagots de tiges pleines et creuses…) et le couvert (plantes aromatiques et mellifères) à vos protégées. Profitez ensuite du spectacle tous les jours, juste sous vos yeux. Pour choisir les plantes les plus attractives, consultez notre fiche pratique.

La tribu des mange-pollen

Toutes sont poilues et récoltent pour nourrir leurs larves du pollen et du nectar. Mais à part cela, les abeilles solitaires ont des mœurs incroyablement variées. Exemples.

Des maisons pour les abeilles

Mégachile / © Jérôme Gremaud

La coupeuse de feuilles

Du côté de votre rosier s’active la mégachile. Elle découpe des petits morceaux de feuilles pour tapisser son nid, créant ainsi dans le feuillage d’étranges découpes rondes. Pour la reconnaître à coup sûr, regardez sous son ventre : elle a une grande brosse (une sorte de panier), presque toujours couverte de pollen de fleurs !

Des maisons pour les abeilles

Abeille charpentière / © Jérôme Gremaud

L’abeille charpentière

Sur la vieille souche au fond du jardin, une grosse abeille noire aux reflets violets cherche une cavité pour faire son nid : c'est l'abeille charpentière ou xylocope. Comme elle ne trouve rien à son aise, la voilà qui part vers votre maison : la charpente aura peut-être un trou à son goût, suffisamment gros pour qu’elle puisse y glisser son abdomen…

Des maisons pour les abeilles

Andrène vagabonde / © Jérôme Gremaud

L’abeille des terriers

Menez l’enquête dans les parties piétinées de votre pelouse, là où l’herbe ne pousse plus. Vous ne tarderez certainement pas à découvrir des petits tas de terre ressemblant à des mini-volcans, pas plus gros qu’une pièce de deux euros. L’andrène vagabonde, une autre abeille solitaire, y a creusé son terrier.

Couverture de La Salamandre n°226

Cet article est extrait de La Salamandre
n° 226
Février - Mars 2015
Article N° complet

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