Chouette ! Et plus si affinités…

Les couples de chevêches d'Athéna sont inséparables. / © Dietmar Nill

Chez les trois plus petites chouettes d'Europe, il n'y a qu'une seule règle en amour : chacun son style ! Câline, irascible ou indépendante, quelle est celle qui vous fera craquer ?

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Chevêches enamourées

Si les chevêches d'Athéna avaient le téléphone, elles y seraient pendues toute la journée pour s'échanger des mots doux. Inséparable, le couple se bécote, se caresse et se nourrit mutuellement, même en dehors de la période de reproduction. Le mâle et la femelle restent en contact vocal fréquent. Plus petits que des pigeons domestiques, ces rapaces nocturnes couramment visibles en plein jour sont des sédentaires irréductibles, hélas au bord de l'extinction en Suisse et dans de nombreux départements français. La solidité du couple est un atout pour une surveillance optimale du territoire. Mieux vaut deux paires d'ailes qu'une seule ! Mais les tendresses réservées aux partenaires ne sont pas de mise envers les rivaux qui tentent une approche. Les intrus sont chassés illico avec si nécessaire coups de bec et de serres.

Chevêchette revêche

Les chevêchettes tiennent à leur indépendance, pas de tendresse parmi les couples... / © Gilbert Hayoz

Très territoriale, la plus petite des chouettes européennes ne supporte pas l'intrusion du moindre congénère dans son espace personnel. Au prix de nombreux efforts, la chevêchette femelle tolère à peine la présence du mâle en période de reproduction. Ponctuée de nombreux cris d'alarme, la parade est teintée de tensions. Après un rapide accouplement, le mâle s'enfuit sans demander son reste. Lorsque la femelle couve, elle accepte la présence de son conjoint le temps qu'il dépose une proie. Mais pas plus ! Le minuscule rapace défend son domaine quasiment toute l'année. Ce qui explique son agressivité. A la différence de la chevêche qui monte la garde à deux, chez la chevêchette, c'est chacun pour soi !

On a longtemps cru que cette chouette des montagnes était sédentaire en Europe centrale mais des données de baguage obtenues par un chercheur allemand ont prouvé qu'elle peut réaliser de grands déplacements. Les femelles semblent changer de territoire plus souvent que les mâles. Parfois tout de même, au plus fort de la saison de reproduction, on les verra échanger quelques caresses. Mais leur tempérament indépendant et belliqueux reprend vite le dessus.

Tengmalm bigame

Chouette de Tengmalm / © Pierre-Alain Ravussin

Comme la chevêchette, la chouette de Tengmalm est une habitante des forêts de résineux de montagne. Moins agressive que cette dernière, elle n'en possède pas moins un tempérament indépendant. Les unions ne durent en général qu'une seule saison. Les Tengmalm sont avares de caresses et de toilettage mutuel.
Quand les ressources alimentaires abondent, la femelle s'autorise certains écarts de conduite. Comme le mâle prend entièrement en charge le nourrissage des petits, sa compagne le laisse finir leur élevage pour convoler ailleurs et démarrer une seconde nichée. Le mâle a tendance à rester sédentaire et à défendre son territoire de nidification toute l'année. La femelle n'occupe un site qu'aussi longtemps que la nourriture lui convient. Ce nomadisme est surtout marqué chez les populations les plus nordiques, où les fluctuations de rongeurs peuvent être plus fortes.

Et les amours de la chouette hulotte? Papouilles et sérénades !

Couverture de La Salamandre n°201

Cet article est extrait de La Salamandre
n° 201
Décembre 2010 - Janvier 2011
Article N° complet

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