Bricolages et légendes

Article extrait du dossier Les pouvoirs du sureau
Flûte, mirliton, pistolet à patate… le sureau est pratique pour réaliser divers objets. / © Gilbert Hayoz

Vidées de leur moelle, les tiges du sureau étaient autrefois transformées en pipes ou en biberons pour les veaux. Les Amérindiens les utilisaient pour récolter le sirop d’érable et la sève des arbres. Flûte, mirliton, fusil à patate… En avant la musique !

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Un nom qui chante

En latin, sureau se dit sambucus , du grec sambukê . Ce nom désigne un instrument ressemblant à une harpe, mais aussi une flûte ou une machine de guerre pour lancer des projectiles.
La racine latine a évolué pour donner seü en langue d’oïl, dérivé de l’adjectif seür signifiant acide. Le terme suraut est apparu au XIVe siècle. Le portugais et l’italien sont restés plus proches du latin avec sambuca et sambuco negro.

Gare aux fées

Les Anglais croyaient autrefois qu’un bébé couché dans un berceau en bois de sureau serait pincé par les fées.

Sandwich visuel

Les botanistes se servent du cœur du sureau pour réaliser des coupes archiminces de végétaux. Feuille, pétale ou tige sont insérés dans un morceau de moelle fendu longitudinalement sur 1 ou 2 cm. Avec une lame de rasoir, on découpe ensuite des tranches dans ce « sandwich ». La structure à la fois tendre et résistante de la moelle permet d’obtenir des coupes suffisamment fines pour être observées au microscope.

Flûte taillée dans un sureau / © Gilbert Hayoz

L’arbre qui sait tout

Tailler une flûte dans l’arbre aux fées n’est pas anodin. Ainsi en témoigne l’histoire du roi breton Gwiwarc’h, que l’on retrouve sous d’autres formes ailleurs en Europe. Un matin, le souverain s’était découvert deux oreilles de cheval. Seul son barbier était au courant de ce secret. Impossible pour lui de le divulguer sans risquer la peine de mort. Mais la chose était si lourde à porter que l’homme finit par tout raconter à un sureau. Quelque temps plus tard, un joueur de flûte se fabriqua un instrument dans une branche de l’arbre. Lorsqu’il se mit à en jouer, il sortit de la flûte les paroles suivantes : « Le roi Gwiwarc’h a deux oreilles de cheval. » Tout le royaume était désormais au courant. Mais l’histoire ne dit pas ce qu’il advint du pauvre barbier.

D'autres histoires et légendes sur le sureau, sorcier bien-aimé

Pistolet à patate / © Gilbert Hayoz

Vide-tiges

Un crochet de fil de fer fera l’affaire. Glissez-le à l’intérieur de branches sèches et droites. Et éliminez!

Pistolet à patate

Vider une tige de sureau de 15 cm. Tailler les deux extrémités en biseau aiguisé pour former des emporte-pièce.
Fabriquer un piston dans une branche de noisetier de façon qu’il coulisse dans le canon de sureau.

Piston en noisetier pour le pistolet à patate / © Gilbert Hayoz

Découper deux rondelles de pomme de terre à l’aide de chaque extrémité, puis appuyer fortement sur l’une d’elles avec le piston.
La pression va expulser avec force la rondelle opposée avec un bruit rigolo. Le pistolet à patate est aussi appelé péteuse, pétadou ou pétard.

Suivez ce lien pour bricoler votre lance-patates pas à pas.

Mirliton

Prendre une tige de 7 à 10 cm de long et la vider de sa moelle.
Creuser un trou à 2 cm de l’une des extrémités. Recouvrir ce même bout d’une pelure d’oignon ou d’un papier à cigarettes fixé avec un élastique.
Pour jouer du mirliton, il suffit de fredonner une mélodie dans le trou. L’air fera vibrer la membrane et sera amplifié par la tige.

Mirliton en sureau / © Gilbert Hayoz
Couverture de La Salamandre n°193

Cet article est extrait de La Salamandre
n° 193
Août - Septembre 2009
Article N° complet

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