Casseroles encore pour l’ortolan

Bruant ortolan / © CABS/LPO

Deux mois après l'espoir annoncé de la fin du braconnage, le bruant ortolan passe toujours à la casserole illégalement dans le sud-ouest de la France avec le soutien des élus locaux.

Avatar de Jean-Philippe Paul
- Mis à jour le
Publié par

Cet été, on y croyait presque. Le Préfet des Landes avait confirmé que la loi s'appliquerait dans son département et la France avait jusqu'au 15 août pour proposer à l'Union européenne un plan crédible pour mettre fin au braconnage endémique du bruant ortolan.

Mais voilà, presque deux mois plus tard, peu d'avancées concrètes au front. La France a bien répondu à la Commission européenne mais aura-t-elle été convaincante ? Les ortolans ont quitté, un peu moins nombreux encore, leurs terres européennes pour filer vers l'Afrique. Certains sont passés par le sud-ouest de la France et par les Landes. Ont-ils fini noyés dans l'Armagnac puis dans le gosier d'un gastronome hors-la-loi ? Oui à en croire les procès verbaux dressés cet automne et les neuf plaintes déposées par la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO) suite à des constations sur le terrain.

Yves Vérilhac, directeur de la LPO, ne baisse pas les bras : "nous sommes plus déterminés que jamais, nous allons y arriver et les braconniers le savent". Il en faut de l'optimisme et de la détermination dans ce combat lorsque dans l'autre camp, un courrier de la Fédération des chasseurs des Landes s'adresse au Préfet le 26 août dernier en ces termes : "la chasse à l'ortolan et aux pinsons fait partie de notre ADN, elle doit être notre droit". Pire, ce courrier est signé par une ribambelle d'élus locaux, députés, sénateurs illustres et même par le Conseiller régional délégué chasse-pêche, qui n'est autre que le Président de l'Office national de la chasse et de la faune sauvage, c'est à dire la police de la nature en France ! Pour rappel, le bruant ortolan est protégé par la loi et ses populations françaises ont décliné de 57 % depuis 2001.

Dix audiences sont prévues au tribunal correctionnel de Mont-de-Marsan le 17 novembre prochain. Elles promettent d'être très médiatisées et de révéler le soutien de certains élus...

En attendant, la loi sur la protection de la nature de 1976 fête ses 40 ans et la France continue de s'exposer aux sanctions de la Commission européenne en laissant se poursuivre la capture illégale d'une espèce protégée.

Bruant ortolan au centre de soins d'Audange. / © Baptiste Maréchal/LPO

Plus d'infos : Le Monde, LPO, Station ornithologique suisse

Agir : Stop au massacre des passereaux.

Réagir