Une bouteille à la mer

Dans son édito de la Salamandre n°207, Julien Perrot se désole de voir les sacs plastiques qui jonchent les plages du littoral.

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Bretagne, mer d'Iroise. Je respire l'air du grand large sur la minuscule île de Sein, une poussière de terre à la merci des courants parmi les plus dangereux de la planète. Cernées par l'océan qui vient manger les plages de galets, quelques maisons colorées résistent, serrées les unes contre les autres derrière la jetée du port.
En décembre, les touristes qui visitent ces rivages sont des oiseaux, de petits échassiers trotteurs de grève venus d'Islande ou de Sibérie. Portés par le vent, leurs cris flûtés et mélancoliques remplissent un ciel immense.
Hélas, les galets arpentés par les gravelots et par les tournepierres sont jonchés de sacs plastique. Même ici, impossible d'échapper aux couleurs artificielles du XXIe siècle. La mer vomit jusqu'au bout du monde les déchets produits par notre société globalisée. Combien de millénaires faudra-t-il pour effacer les traces de ce progrès?
En quelques décennies, à mille lieues des achats réfléchis de nos grands-parents, se payer tout et n'importe quoi est devenu un droit... aux conséquences terribles.
La crise frappe durement dans toute l'Europe. Souhaitons qu'elle nous ramène à l'essentiel. Et qu'elle oriente nos choix davantage sur l'être que sur l'avoir. Y compris pour les Fêtes?

Couverture de La Salamandre n°207

Cet article est extrait de La Salamandre
n° 207
Décembre 2011 - Janvier 2012
Article N° complet

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