Cul rouge ou jaune ?

Cul blanc, abdomen bien poilu, thorax parcouru d'une bande de poils jaunes, langue courte: c'est un bourdon terrestre ! / © Benoît Perrotin

Les couleurs contrastées du bourdon le protège contre les prédateurs. Ou quand se ressembler augmente les chances de survie…

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26 mai Bzzzzzz. Tiens, un bourdon noir à derrière rouge longe la lisière. Là, une ouvrière en pyjama jaune et noir visite une scabieuse. Plus loin, un bourdon des champs brun et jaune butine une touffe de campanules… Le classique bourdon terrestre à cul blanc est loin d’être le seul de son genre. Mais curieusement, presque tous les bourdons se copient les uns les autres en adoptant quatre grands motifs colorés, ce qui d’ailleurs ne facilite pas leur identification.

Pour simplifier, disons qu’il y a les noirs à cul rouge, les noirs rayés de jaune, les tricolores noir, jaune et rouge… et les jaune-brun. Ces teintes contrastées ont un fort effet dissuasif, surtout le noir et le jaune que l’on retrouve chez les guêpes. Tout oiseau un peu malin associe ce signal visuel extrêmement fort à un danger : l’aiguillon évidemment ! Bien sûr, un gobemouche gris sait frotter un bourdon contre une branche pour le désarmer. N’empêche que ces motifs avertisseurs en impressionnent plus d’un. Et donc que cela sauve des vies.

Le fait que plusieurs espèces choisissent le même signal défensif en augmente la fréquence et donc l’efficacité. C’est ce que les zoologistes appellent du mimétisme mullérien. Certaines mouches totalement inoffensives profitent de cet effet dissuasif en se déguisant en bourdons : c’est le mimétisme batésien.

Clé de détermination des bourdons. / © Benoît Perrotin (dessins), Jean-Luc Wisard (clé)
Bourdon cul rouge ou jaune

© Steen Drozd Lund / biosphoto

La pondeuse automatique

La volucelle bourdon a fait fort. Non seulement cette mouche se déguise en bourdon pour intimider les prédateurs, mais en plus elle pénètre dans un nid de bourdons pour y déposer ses œufs. Ses larves se développent en mangeant des détritus et peut-être du couvain. Pas de souci si les ouvrières la piquent à mort avant qu’elle ait eu le temps de pondre : l’abdomen de la volucelle sait se contracter tout seul pour expulser des œufs collants qui vont éclore sur place.

Bourdon cul rouge ou jaune

© P. & M. Guinchard / biosphoto

L’hélico qui trompe

Au printemps, l’émergence des bourdons coïncide avec la sortie des bombyles. Ces mouches dodues et poilues butinent les fleurs en vol stationnaire comme de mini-colibris. On les reconnaît à leur trompe incroyablement longue. Les adultes se nourrissent de nectar, mais les larves parasitent les nids d’abeilles ou de guêpes solitaires qui vivent sous terre.

Bourdon cul rouge ou jaune

© Kim Taylor / biosphoto

Le nom qui trompe aussi

Et qu’est-ce que c’est que ces faux-bourdons dont on entend souvent parler? Ce terme mal choisi désigne les mâles des abeilles domestiques qu’on appelle aussi abeillauds ou drones. Les mâles des abeilles sont un peu plus grands que les ouvrières mais dépourvus de corbeilles, d’aiguillon comme de glandes à cire. En revanche, ils ont de très grands yeux à facettes pour repérer les jeunes reines lors du vol nuptial.

Couverture de La Salamandre n°226

Cet article est extrait de La Salamandre
n° 226
Février - Mars 2015
Article N° complet

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