Le bestiaire des intraterrestres

Article extrait du dossier Voyage au centre de la terre
Pseudoscorpion / © Philippe Lebeaux

Top ten des organismes les plus fantasmagoriques de la terre, du nounours transparent au ver immortel. C'est dans le sol que ça se passe.

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L'immortel

On sait que la queue du lombric peut repousser partiellement en cas d'amputation. Mais Enchytraeus bigeminus va beaucoup plus loin. Ce minuscule cousin des vers de terre se reproduit par fragmentation. En contractant des muscles circulaires le long de son corps, il peut se diviser en 7 morceaux. Chacun d'entre eux forme un nouvel individu en une à deux semaines. Son secret ? La persistance de cellules non différenciées capables de régénérer tous les tissus. Ainsi équipé, il est quasi impossible de le tuer.

Enchytraeus bigeminus est un enchytréide à la reproduction très surprenante. / © Zdenek Hyan / www.biolib.cz

L'indestructible

Petit mais costaud, le tardigrade est un spécialiste de l'extrême. Ce nounours translucide de 1 mm de long fréquente surtout les mousses et l'eau interstitielle du sol. Mais il est capable de survivre presque partout, jusqu'à 6000 m d'altitude sur l'Himalaya, à -4000 m dans les abysses océaniques et même dans les glaces antarctiques. L'Agence spatiale européenne l'a envoyé dans l'espace. Résultat ? Il survit dans le vide malgré les rayonnements cosmiques.

Tardigrade, l'indestructible / © Meckes + Ottawa / Eye of Science

Le géant

Un mille-pattes de 15 cm de long ? Vous ne rêvez pas, la scolopendre annelée vit dans les zones arides et rocailleuses du littoral méditerranéen. Sa première paire d'appendices est transformée en crochets à venin. C'est avec ces forcipules qu'elle pince et anesthésie grillons, sauterelles et même de petits lézards. Acculée, la scolopendre peut attaquer l'homme. Prudence, car si son venin n'est pas dangereux, sa morsure est très douloureuse.

Scolopendre annelée / © Philippe Lebeaux

La pieuvre

Qu'est-ce que le champignon Pleurotus ostreatus a sous son chapeau ? Le pleurote en forme d'huître est un chasseur. Ses filaments souterrains pistent les signaux chimiques émis par les bactéries. Puis infectent leurs colonies et les digèrent avant de rapatrier les nutriments ainsi collectés vers les zones de croissance ou de fructification. Au cas où vous auriez encore faim, son chapeau est comes­tible.

Pleurote en forme d'huître / © Simon Booth / Biosphoto

L'ogre

On dirait un scorpion miniature, sauf que son abdomen ne se termine pas par une queue venimeuse. Nommé pseudoscorpion, cet arachnide prédateur aux pinces démesurées est le cauchemar des acariens et autres petits invertébrés du sol.

Pseudoscorpion / © Philippe Lebeaux

Le cuirassé

Caché sous son armure articulée, le cloporte est un crustacé qui a quitté le milieu aquatique pour devenir terrestre. Sept paires de pattes dépassent de sa cuirasse. Ce n'est donc ni un insecte, ni un mille-pattes. Cherchez-le sous les pierres ou les troncs couchés, il adore l'humi­dité.

Cloporte / © Philippe Lebeaux

L'athlète

Au pays des collemboles minuscules, Pogonognathellus longicornis fait figure de géant avec ses 6 mm de long. Comme ses congénères, cet habitant typique des feuilles mortes fuit les dangers en dépliant sa furca. Cette espèce de levier situé sous son ventre le propulse à une distance équivalente à 50 à 100 fois la longueur de son corps. Carrément olympique.

Pogonognathellus longicornis est un géant parmi les autres collemboles. / © Philippe Lebeaux

La tunnelière

La taupe d'Europe est une fouisseuse née : ses pattes antérieures transformées en pelles et ses yeux minuscules cachés dans le pelage sont parfaitement adaptés au forage sous terre. Chapeau bas pour ses galeries longues de plusieurs centaines de mètres creusées dans une totale obscurité.

Taupe d'Europe / © Régis Cavignaux / Biosphoto
Rhizome de coralline

Rhizome de coralline / © Philippe Lebeaux

La profiteuse

La coralline est un drôle de numéro ! Cette orchidée forestière pousse aux dépens des arbres qui l'entourent par l'intermédiaire de champignons. Ceux-ci vivent en collaboration intime avec des végétaux via leurs racines. En échange d'eau, de phosphore et d'azote, ils reçoivent des sucres produits par photosynthèse. Un deal équilibré… sauf que l'orchidée profite des champignons et récupère l'ensemble de ces nutriments sans aucune contrepartie.

Zoom sur une fleur de coralline / © Philippe Lebeaux
Animaux du sol: mouche des cercueils

Mouche des cercueils / © LACM / Kelsey Bailey

La croque-mort

Son nom est sans équivoque. La mouche des cercueils pond dans les cadavres avec une préférence pour les corps humains partiellement décomposés. Pour ce faire, la femelle est capable de creuser à 2 m de profondeur. Des chercheurs espagnols ont récemment découvert des adultes fraîchement émergés d'un cadavre enterré… depuis 18 ans.

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Couverture de La Salamandre n°236

Cet article est extrait de La Salamandre
n° 236
Octobre - Novembre 2016
Article N° complet

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