30 ans, 5 anecdotes

« Mon handicap m'a poussé à m'intéresser à la nature ordinaire au lieu de courir les espèces rares comme le font tant de naturalistes. »
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Papa peuplier

Anne-Françoise Perrot-Julmy : « En 1982, quand mon fils et moi sommes arrivés dans notre nouvelle ville, à Aubonne, Julien a découvert un immense peuplier. C’était comme un second papa pour lui. Il lui vouait une réelle et profonde affection. Au moment où, des années plus tard, Julien est parti faire ses études de biologie à Neuchâtel, l’arbre magnifique a été frappé par la foudre et a disparu. Comme si les éléments avaient permis à l’adolescent de devenir adulte. »

Adieu dinosaures !

«Vers l’âge de 10-12 ans, Julien a construit pendant des mois une vaste maquette paléontologique qui prenait les trois quarts de sa chambre. On allait en bateau en France, de l’autre côté du Léman, pour trouver des figurines en plastique alors introuvables en Suisse. Le jour où il a décidé de changer le titre de sa revue de « Paléontologie » en « La Salamandre », il a entièrement détruit sa maquette dont il avait carrément fait un musée ouvert au public. »

Les deuils

«Julien s’est attaché à diverses figures masculines marquantes. Jean-Claude Collet, son instituteur devenu ami, et Jacques Julmy, mon second mari, à qui il était très attaché et qui lui a fait découvrir le Jura sauvage. Ces deux personnages truculents qui s’entendaient extrêmement bien sont partis trop vite. Deux deuils qui ont marqué Julien.»

Les escapades mère-fils

«A côté des innombrables sorties dans la nature, on réalisait chaque année quelques virées dans les villes, notamment en Suisse alémanique à Bâle, Lucerne ou Saint-Gall. Je n’avais pas de gros moyens, mais durant deux ou trois jours, on s’offrait une vraie vie de luxe: de grands hôtels, de très bons restaurants et de fabuleux concerts de musique classique.»

La crise d’appendicite

« Julien avait l’habitude de partir des jours durant en forêt ou à la montagne. Cet été-là, lors d’une traversée des Alpes en solitaire, il bivouaquait dans la neige sur un pierrier bernois. Un ami devait l’y rejoindre pour un jour et une nuit. Il est arrivé au bon moment. Julien était en pleine crise d’appendicite aiguë. L’hélico est venu le chercher. Sans cette personne qui a pu alerter les secours après 3 heures de marche au clair de lune, il était cuit. »

Couverture de La Salamandre n°218

Cet article est extrait de La Salamandre
n° 218
Octobre - Novembre 2013
Article N° complet

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